Vacances à vélo 2025

Précédemment… Avant ça…

Ça commence à devenir une habitude, j'ai terminé mon troisième trip estival à vélo, et ceci est donc un post fourre-tout avec mes impressions à chaud et quelques photos.

Table des matières

  1. Préparation
  2. Physique
  3. Le voyage en vrac
  4. Le voyage en détail
  5. Météo
  6. Vélo
  7. Vêtements
  8. Bagages
  9. Nutrition
  10. Hébergement
  11. Statistiques
  12. Pour la prochaine fois…

1. Préparation

Ayant fait les Pyrénnées l'an passé, il semblait logique de revenir dans les Alpes, cette fois en faisant un maximum de cols des Grandes Alpes au lieu de minimiser le dénivelé positif comme j'avais fait il y a deux ans.

La formule de base reste la même: planifier toutes les étapes à l'avance, réserver tous les hébergements, et espérer que ça passe le jour-J.

2. Physique

J'avais déjà une sacrée forme l'an dernier, mais un moment dans les Pyrénnées m'était resté en travers de la gorge: les derniers kilomètres du Col de Marie-Blanque, où les pourcentages à 2 chiffres m'avaient forcé à faire des pauses pendant l'ascension juste avant la fin. Je voulais à tout prix éviter un nouvel épisode de ce genre, tout en gardant un braquet minimum similaire, donc il fallait encore progresser un peu.

Ayant craqué sur un nouveau vélo, j'ai facilement trouvé la motivation pour augmenter mon volume hebdomadaire, concocté un plan d'entrainement un peu plus sérieux et su rester un peu plus régulier. Tout ça m'a permis d'arriver au départ de ce voyage en très grande forme.

3. Le voyage en vrac

Fort de mon experience l'an passé j'avais une bonne idée de ce que je pouvais faire sans trop de problèmes et de la où se situait ma limite. Mon plan était de faire des étapes d'environ 100 kilomètres pour 2000 à 3000 mètres de dénivelé positif chaque jour, et au final je n'ai pas trop dévié de ça, même si j'ai du ajuster un peu certaines étapes à cause de la météo ou de ma motivation le jour-même.

Encore une fois, 0 sentiers, que de la route. Les vues tout le long étaient évidemment magnifiques, mais par rapport aux Pyrénnées, tout semblait un peu trop artificiel, un peu trop touristique - j'ai croisé nettemment plus de monde (cyclistes, motards, automobilistes ou randonneurs) sur la route. À mon grand malheur, je n'ai croisé cette fois aucun mouton, vache ou cheval en liberté au milieu de mon chemin, et je n'ai pas réussi à voir de marmottes non plus :(

Niveau difficulté... Mon niveau de fitness était overkill par rapport à la vitesse ou j'ai grimpé les cols, et je regrette un peu de pas avoir mis plus de patate. Les montées dans les Alpes sont souvent longues, mais irrégulières, avec parfois des sections de plusieurs kilomètres de plat voire de descente, et j'ai eu du mal à trouver mon rythme. Pour une part j'étais un peu anxieux d'en faire trop et de me cramer, et du coup je n'ai pris beaucoup de marge de sécurité niveau allure, terminant presque tous les cols sans jamais être en difficulté. L'altitude ne semble une nouvelle fois pas avoir fait tant de différence que ça.

4. Le voyage en détail

🚴 Grenoble → Aix les bains : 113km, 2673m D+

Ça commence assez fort directement en sortant de Grenoble avec l'enchaînement Col de Vence par La Tronche (ça ne s'invente pas) immédiatement suivi du Col de Porte. On sort d'un épisode de canicule, il fait chaud et humide, il pleut même par intermittence. Je croise pas mal de cyclistes, surtout dans l'autre sens ou les gens font La Grenobloise, qui a l'air bien casse-pattes. Je suis un peu nerveux dans les montées comme les descentes ce premier jour, mon cardio est un peu haut, pas fait de montagne depuis un an moi! Au final une bonne intro pour retrouver des sensations.

🚴 Aix-les-Bains → Scionzier : 104km, 1686 m D+

Je dois couper un col et quelques kilomètres pour éviter un orage. Du coup pas de grosse difficulté, les montées sont tranquilles, je descend un peu mieux que la veille. Passage éclair par Annecy avec superbe vue sur le lac, mais j'y reviendrais le lendemain donc je ne m'y m'attarde pas.

🚴 Scionzier → Annecy : 103km, 1982m D+

Premier col Hors Catégorie, la Colombière. Le final est à 10% sur les 2 derniers kilomètres donc je suis forcé de me mettre un peu dans le rouge, mais je suis large. Le Col des Aravis ensuite est beaucoup plus facile et rapide. La météo reste très nuageuse et humide du coup pas grand chose à voir. En redescendant vers Annecy ça s'améliore, et la longue piste cyclable suivant le lac est très agréable. À l'approche d'Annecy même ça devient bondé de monde mais ça reste fluide.

🚴 Annecy → Albertville : 101km, 1788m D+

Une journée avec trois cols, mais seul celui du milieu présente un quelquonque intérêt. Il s'agit du Col de la Forclaz, et ça pique bien sur la fin avec plusieurs kilomètres d'affilé à 10-12%! Avec le recul, ça a beau être un col relativement court et pas de la haute montagne, c'est presque le plus difficile de tout le voyage, aussi surprenant que cela puisse paraître!

Je croise pas mal de cyclistes et tout le monde a l'air de galérer quelque soit la vitesse à laquelle iels vont, certains poussent leur vélo à pied, d'autres pédalent à 50 tours minute en zizaguant... La récompense une fois arrivé en haut, c'est une vue superbe sur le lac d'Annecy, même le sommet est un peu trop noir de monde pour que je puisse vraiment en profiter. La descente est sympa, assez large et pas trop technique.

🚴 Albertville → La Chambre : 64km, 1754m D+

Les jambes sont lourdes le matin donc je décide de raccourcir l'étape et de zapper un des 2 cols que je voulais faire, le Col de la Loze. Reste la Madeleine : très long (25 km), mais pas hyper difficile, juste très irrégulier. Le ciel est dégagé et les vues sont superbes, on aperçoit notamment le Mont Blanc qui dépasse largement tout le reste au loin... Je regrette un peu d'avoir évité le Col de la Loze, mais la motivation n'était pas là.

🚴 La Chambre → Le-Bourg-d'Oisans : 102km, 2,837m D+

On commence par le col du Chaussy par les Lacets de Montvernier, encore une fois l'irrégularité est de mise (une constante dans les cols de ce voyage) mais c'est pas trop difficile, je reste à une allure modérée et profite du paysage. Pas beaucoup de traffic, mais je me fais quand meme engueuler par un motard qui descend dans le sens inverse car je suis passé temporairement du côté gauche de la route pour éviter des gravillons pile au mauvais moment (ayant testé sur une section juste avant, passer par les gravillons aurait été encore plus sketchy, 0 grip sur une montée à 9% pendant plusieurs centaines de mètres c'est pas idéal). Détail rigolo, c'est la seule fois du voyage ou je me ferais dépasser par un autre cycliste pendant une montée. Je le rattrape presque mais je décide de pas faire la malin vu ce qui m'attend après.

Descente bof derrière une voiture que je n'ose pas dépasser, et ensuite on attaque le clou de la journée, le col du Glandon. Encore une fois c'est très long et irrégulier, c'est tentant d'en mettre un peu plus au début, mais c'est un piège vu qu'il y a 20km de montée et que les derniers 3 kilomètres sont à 10% ou plus... Je finis à 95% de ma fréquence cardiaque max. Je reste un long moment en haut à en prendre plein les mirettes en sirotant un coca bien mérité puis j'effectue la longue descente vers Le-Bourg-d'Oisans, ponctuée de quelques raidards surprise.

🥾 Prégentil depuis Le-Bourg-d'Oisans : 17km, 1277m D+

J'avais réservé un gîte pour 3 nuits pour faire une journée à grimper l'Alpe d'Huez à vélo, et une autre repos. Le matin, en regardant les précisions météo, je décide de faire du vélo le lendemain. Reste à occuper cette journée. Après avoir fait un tour rapide des internets, je décide qu'il est temps de faire ce qui est désormais un grand classique de mes voyages à vélo : une randonnée à pied complètement improvisée à l'arrache. Je me décide en quelques minutes pour un parcours qui n'a pas l'air technique: une boucle partant du centre-ville, grimpant jusqu'à un chemin de crête séparant deux vallées avec un petit détour par un promontoire avant de redescendre. Le temps de me préparer, il est 11h30, la météo annonce un orage à 18h, la rando est indiquée comme durant 6h50, mais bon, je me dis qu'ils doivent compter large.

La montée se fait dans la forêt, avec juste quelques rares moment où on peut se rendre compte de sa progression en profitant d'un tournant avec moins d'arbres pour apercevoir le bourg en contrebas au début, puis toute la vallée et le massif en face ensuite. C'est plutôt impressionnant. On arrive à un col ou je prends mon casse croûte préparé 5 minutes avant de partir devant un paysage spectaculaire. Petite descente de 200 mètres de l'autre côté pour remplir mes gourdes à la fontaine du village local, et je repars en direction du sommet. Un peu avant ce dernier, j'arrive au chemin de crête, et profite d'une vue époustouflante à 360 degrés. La montée vers le sommet est un peu brutale, mais ce dernier vaut le coup aussi. Mention spéciale au panneau en haut indiquant de faire attention à ses enfants (je me demande si l'ensemble des parents réussissant amener un gamin la haut intersecte avec celui des parents qui ont besoin de cet avertissement).

Ensuite... c'est le moment tant redouté de la longue descente. D'abord à travers des hautes herbes (je prie pour qu'il n'y ait pas de tiques) puis en forêt, cette partie est interminable, beaucoup moins intéressante, il n'y a pas grand chose à voir et je sens que mes quadriceps morflent. Je finis par arriver au bourg après 5 heures de rando, me prends le Coca + crêpe Nutella Chantilly de rigueur et vais m'allonger. Récupération active commente David sur Strava, c'était l'idée mais pas sûr que mes jambes soient d'accord avec cette définition. Super content quand même, c'était splendide.

🚴 Alpe d'Huez : 33km 1159m D+

Le verdict tombe le matin: c'était effectivement complètement idiot de faire une rando avec autant de distance/dénivelé la veille. J'ai des grosses courbatures, les muscles de mes jambes répondent à peine. J'avais prévu plusieurs variantes d'itinéraire plus ou moins longues mais toutes avaient comme point commun de monter l'Alpe d'Huez à fond. Bon, on peut oublier le fait d'aller à fond, mais je négocie avec moi même le fait de faire la montée en moins d'une heure et d'aviser une fois en haut. J'enlève le sac de mon vélo, enfile mon kit et c'est parti.

Après une semaine avec 5 kg de poids à l'arrière ça fait bizarre de faire du vélo sans, surtout combiné à l'état de mes jambes. 5 minutes après le départ je suis direct sur la route mythique menant à l'Alpe d'Huez, avec les premiers kilomètres à 10% en guise d'échauffement. Les courbatures se font sentir, mais ça passe quand même beaucoup plus facilement sans les bagages! Pas vraiment de gestion d'effort, je suis de toutes façons sur mon braquet le plus petit pour ce début assez raide et mes jambes refusent que je me mette en danseuse. Parfait, moins de questions à se poser. Les virages en épingle de succèdent, chacun assez plat - je décide de prendre les premiers sans changer de vitesse, ça offre un peu de répis en échange d'une irrégularité qui finit par me peser. Une fois que la pente passe à un pourcentage en dessous de 2 chiffres j'essaye d'être plus régulier et d'en remettre une couche sur les portions plates. Pas grand chose à dire de plus sur la suite: il y a pas mal de traffic, pas mal de vélos aussi, la vue est bof comparé aux autres cols mais j'ai le nez dans le guidon de toutes façons, avec mon objectif de moins d'une heure en tête. Je passe les 12 km du segment Strava en 55 minutes, et si on excepte un détour du à un mauvais tournant dans le village après, je passe sous l'arche d'arrivée un peu moins de deux kilomètres plus loin à l'heure prévue, complètement HS.

Niveau cardio ça va, mais les jambes refusent d'en faire plus, donc je redescends (assez lentement par ailleurs) pour aller m'affaler dans le canapé pour le reste de la journée. La encore je regrette de n'avoir pas poussé un peu plus loin, d'autant qu'il y a d'autres cols plus intéressants à voir autour, mais mes jambes n'étaient pas d'accord.

🚴 Le-Bourg-d'Oisans → Saint-Jean-de-Maurienne : 110km 2650m D+

Encore de grosses courbatures le matin, je décide de faire un petit detour plat pour m'échauffer un peu. Je commence donc par une voie verte longeant la rivière qui donnait envie d'être explorée. Manque de bol, après quelques kilomètres, la route est complètement effondrée! J'essaye rapidement un chemin ensablé qui semble contourner le problème mais ça a l'air mort. Un couple de cyclistes qui viennent du chemin en question me le confirment, ils ont essayé sur 500 mètres sans retrouver de route. Demi-tour donc, tant pis pour ce détour... J'en fais un autre, poussant jusqu'au barrage avant le col du Lautaret. Il y a pas mal de trafic routier, ça grimpe un peu. Je passe par le tunnel de l'Infernet, je rigole tout seul du nom et arrive au barrage. On a une vue sympa, mais pas sûr que ça valait le détour. Je fais donc de nouveau demi-tour, repasse par Le-Bourg-d'Oisans et après un long faux plat retrouve de nouveau à Allemand, départ de la route du col du Glandon que j'ai descendu l'autre jour.

La montée est assez longue, les paysages sont pas mal mais j'ai déjà pu voir tout ça en descendant... Bon au moins ça va moins vite je profite un peu plus. Je ne pousse pas le vice jusqu'à faire le petit détour par le col du Glandon, et file direct vers celui de la Croix de fer. Arrivé en haut, je suis surpris du nombre de touristes! Il s'avère qu'il y a plein d'activités dans le coin et un petit bled en bas du col qui sert de bases d'opérations pour ça. Je prends mon classique Coca avec crêpe Nutella-Chantilly au restaurant en haut du col et là, c'est le drame: en repartant, je m'aperçois que j'ai accidentellement effacé ma trace GPS du jour en mettant mon Garmin dans ma poche. Bon de toutes façons c'est pas comme si j'avais choppé le KOM... La descente est pas mal, quoique interrompue par de nombreux petits bleds.

🚴 Saint-Jean-de-Maurienne → Briançon : 85km 2378m D+

J'appréhendais pas mal cette journée, qui ne comportait que le col du Galibier. Je suis nerveux le matin, je sais que ça va être long (34 km pour arriver en haut du col), j'ai encore des courbatures et je n'ai aucune idée d'à quelle allure c'est faisable, surtout avec l'altitude. Je fais la première partie jusqu'au col du télégraphe à mon allure classique en une heure. C'est irrégulier mais pas si pire. Ensuite, descente, pause remplissage de bidons à Valloire et c'est reparti. Ça recommence assez doucement, puis ça se stabilise sur des pentes plus importantes mais il y a pas de gros piège, quelques portions plus raides mais beaucoup d'opportunités de reprendre son souffle. Je mets le minimum de puissance pour pas me faire avoir par l'altitude mais finalement je fais les 34 km en 2h30, le cardio super large à peine sorti de ma zone endurance. J'aurais su j'aurais mis un peu plus de puissance et rallongé l'étape! En haut c'est splendide, on aperçoit plein de sommets enneigés, la route sinueuse et les versants verdoyants avec quelques nuages.

La descente est pénible jusqu'au col du Lautaret, beaucoup d'automobilistes, des bouchons, ensuite ça se décante et j'en profite un peu plus. Arrivé à Briançon, je suis ravi de mon choix d'un hôtel intra-muros, depuis les remparts on a une vue imprenable sur la région. Le soir je déguste une « Miche de la Gargouille » complètement décadente et profite d'un joli coucher de soleil.

🚴 Briançon → Gap : 123km 2452m D+

On commence directement par le Col d'Izoard en sortie de Briançon. J'ai des meilleures jambes que ces derniers jours, j'en profite pour pousser un peu plus mais pas trop. La surface de la route est pourrie mais les pourcentages sont pas hyper élevés, et j'arrive en haut à peine essoufflé. Il fait froid et le vent se lève soudainement, pas mal de grosses rafales. Je repars après quelques photos sans faire de vraie pause. La descente est incroyable : de ce côté là surface est impeccable, c'est pas super technique et j'ai le vent dans le dos. Peu de trafic également; avec juste quelques motos, et en en suivant un trio je réalise soudainement que mon compteur indique 82 km/h dans une ligne droite.

A Guillestre, je m'arrête au supermarché pour un sandwich coca et croise un cycliste qui s'apprête à faire les 7 majeurs le lendemain: 360 km avec 12000m de d+ en 24h. Je lui souhaite bonne chance, il est clairement plus motivé que moi! Je prends la route des Puys vers Gap, avec un petit tronçon de nationale avant fort désagréable.

Ensuite c'est des petites routes, la pente est encore plus irrégulière que d'habitude, je trouve jamais de rythme et il commence à faire chaud. Ça culmine par un raidard à 23%, heureusement indiqué juste avant à la craie sur la route. Mes jambes le sentent passer celui là ! Enfin j'arrive à Gap, ça fait une grosse journée avec presque 2500 mètres de dénivelé positif. Demain, première journée de repos complète !

🚴 Gap → Barcelonnette : 105km 1827m D+

Le repos la veille a fait du bien. Via Mastodon, Tristan Nitot et moi réalisons que nous sommes pas loin, il est en train de traverser les Alpes aussi, mais à moto! Malheureusement lui part de Barcelonnette le jour ou je dois y arriver, on se loupe de peu. Pas de grosse difficulté aujourd'hui, je tourne autour du lac de Serre-Ponçon. Il fait chaud, je dois de nouveau rouler sur la nationale pendant une quinzaine de kilomètres, et dans l'ensemble il y a pas mal de monde sur la route. Je m'arrête à un food truck crêperie super bien placé pour déguster l'obligatoire Coca crêpe nutella-chantilly à l'ombre d'un arbre avec vue magnifique sur le lac. Il y a pire comme vacances.

🚴 Barcelonnette → Beuil : 109km 2935 m D+

De nouveau un peu nerveux ce matin. Au programme, la Cime de la Bonette, qui culmine à 2802m d'altitude. Comme pour le Galibier, j'y vais mollo, d'autant que la météo n'est pas avec moi. Je suis obligé de m'arrêter 2 fois pour enlever et remettre veste et manchettes (pas confiant pour faire ça en roulant sur les pentes) tellement les conditions sont aléatoires. Niveau paysages on est rapidement au milieu des montagnes avec pas une maison et des vues superbes sur les montagnes, mais le temps un peu gris empêche d'en profiter pleinement. Le dernier kilomètre de route pour arriver tout en haut est infâme, des pourcentages à 2 chiffres sur route étroite (heureusement à sens unique, n'étant la que pour gonfler artificiellement la hauteur pour que la route soit désignée « plus haute d'Europe »), mouillée, remplie de cailloux éparpillés avec le froid, le vent et la pluie à supporter.

Pas de cycliste en haut quand j'y arrive, que des motards qui disent ne pas envier ma situation... On a une belle vue sur tout le coin, une nouvelle fois un peu gâchée par la grisaille. Je prends quelques photos en grelottant (une personne me demande si ça va tellement je tremble) et c'est parti pour une descente glacée. C'est pénible car je suis coincé derrière des voitures presque tout le long, impossible de toutes les dépasser de manière safe.

Je m'arrête a Saint Etienne de tiné pour déguster un burger coca et croise d'autres cyclistes faisant les 7 majeurs. L'un d'eux est en plein dedans, 290km dans les pattes, 2 ascensions restantes dont la Bonette dans le sens ou je l'ai descendue, il a l'air complètement lessivé et n'est pas sur de finir dans les 24h. Je repars ensuite faire le reste de la descente jusqu'au pied du Col de la Couillole, la deuxième ascension du jour. Les pourcentages sont pas enormes mais là surface est pourrie et les jambes répondent moyennement. J'en mets un peu plus pour en finir avant qu'il ne repleuve. Pas de vue fantastique au sommet, heureusement c'est un peu mieux une fois descendu à Beuil ou je m'arrête pour la nuit.

🚴 Beuil → Roquebillière : 95km 1384m D+

La veille, la météo ne prévoyant rien de spécial, confiant, je regarde le parcours en me disant que ça va être chouette de faire un petit détour par Entrevaux dont Tristan a publié des photos sur Mastodon. Le matin, patatras, orages de grêle annoncés par Météo-France sur la région. Je fais des maths rapides et décide de couper ce détour, ça me coûterait une heure que je n'ai peut être pas avant que ça n'éclate. Du coup, je trace, longue descente avant un faux plat tout aussi long remontant et le Col de saint Martin/La Colmiane. Il fait super chaud et j'ai oublié de re-remplir mes gourdes avant de démarrer le col, ce qui m'oblige à faire un petit détour au milieu pour trouver une fontaine. Le col n'est pas intéressant, le sommet encore moins, du coup j'enchaîne direct et arrive à Roquebillière largement en avance. J'aurais du garder le détour!

🚴 Roquebillière → Cannes : 152km 2752m D+

Le plan était simple: une étape un peu plus longue mais pas très difficile, avec 3 cols pas trop méchants, dont le Col de la Madone, et ensuite que de la descente/du plat jusqu'a Cannes. On commence donc presque immédiatement par le Col de Turini. Pas de gros pourcentage, je n'essaye pas d'aller vite. Il fait de plus en plus chaud mais la majorité de la montée se fait à l'ombre des arbres. Arbres qui bouchent la vue et du coup, pas super passionnant comme col, avec juste quelques moments où on peut apercevoir les montagnes, elles mêmes remplies d'arbres à perte de vue. Un peu l'impression d'être dans Inception.

Arrivé au bout, rien à voir, content d'y trouver une fontaine par contre. Descente également pas intéressante pour les mêmes raisons, passage par un petit village mignon avant d'enchaîner sur le 2eme col, le Col de Castillon. Rebelote rien d'incroyable, ce coup ci j'en met un peu plus parce que je m'ennuie et qu'il n'y a que quelques kilomètres. En haut... Bah pareil, pas grand chose à voir, ça commence à devenir frustrant tout ça.

Descente vers Menton ou débute l'ascension du Col de la Madone. Avant ça, j'essaye de trouver un truc à manger, et je suis surpris de l'environnement dans lequel be me trouve: dans mon imagination Menton était une petite ville sympa comme j'en ai croisé plein pendant ce voyage, mais la partie dans laquelle je me trouve est une jungle urbaine adossée à la montagne coupée par une autoroute. Ça me démotive complètement et je prends juste un coca à l'hypermarché. Avant de commencer la montée du Col proprement dit les déceptions continuent: la départementale que je dois suivre croise l'autoroute, ça fait des montées-descentes raides et zigzags aléatoires autour, c'est moche, il y a plein de traffic, c'est pollué, ça achève de me dégouter. Cerise sur le gâteau des travaux avec un feu de circulation temporaire en plein milieu d'une montée, je peine à repartir tellement qu'un automobiliste à côté me propose de m'accrocher à sa voiture pour démarrer. J'apprécie mais je refuse, je suis pas sûr que ça serait tellement plus safe... Bref, enfin on commence la montée du Col de la Madone sur une petite route plus tranquille. Encore une fois pas grand chose à voir dans cette première moitiée très résidentielle. Mi-parcours la route de rétrécit, le traffic routier devient inexistant et on découvre le paysage de la côte d'Azur. Je reste cependant sur ma faim, c'est moins joli ou impressionnant que prévu. Niveau effort je reste sur mon braquet le plus faible malgré une pente pas si prononcée que ça, j'ai perdu toute motivation d'y mettre de l'énergie, d'autant qu'il faut très chaud et que je suis totalement exposé. Arrivé en haut je reste déçu, un monument chelou et c'est tout. Dans la descente on a une belle vue sur Nice et les environs et... c'est moche?! On aperçoit surtout une carrière et au loin l'aéroport. Super la vue. Un peu plus loin quelques paysages sympa quand même, mais ça me suffit pas à me remettre de bonne humeur. Il reste environ 75km de descente/plat, je me dis qu'au moins je vais être vite arrivé.

Grave erreur! Je mettrais au final 3 heures à faire cette partie "facile". Autant la descente se fait bien, autant une fois arrivé à Nice, les problèmes commencent. Il y a plein de trafic, il fait plus de 35 degrés et la côte est balayée par un vent démentiel de face ou 3/4 côté qui ne faiblira presque jamais jusqu'au bout. Cherchant de l'eau sur la piste longeant les plages je trouve une fontaine... avec deux boutons, un "eau plate" et un autre "eau gazeuse". Original... d'autant que le bouton "eau plate" ne fonctionne plus. Condamné à boire de l'eau gazeuse pour les prochains kilomètres jusqu'à la prochaine fontaine! Beaucoup de gens sur la piste, aucune protection contre le vent ce qui demande beaucoup d'énergie et de vigilance, je dépense une énergie folle pour à peine arriver à faire du 25km/h. J'arrive à Antibes et c'est le bordel, je continue à suivre la côte tant bien que mal, il y a de plus en plus d'automobilistes et moins en moins de pistes cyclables. Enfin je parviens a rejoindre Cannes mais je dois encore traverser la ville et c'est absolument n'importe quoi, ça bouchonne de partout, je peine à retrouver la piste cyclable, je perds un temps fou à ne pas vouloir faire du gymkhana entre les voitures comme le font les scooters et quelques cyclistes. Finalement, j'arrive à destination vers 18 heures 30, complètement rincé et de mauvaise humeur. Je n'ai pris que 2 gels et 2 cocas en huit heures, du coup à peine arrivé je me précipite au supermarché pour prendre sandwich, chips et biscuits et enchaine direct sur une pizza-coca avant de m'écrouler. Pfiou!

🚴 Boucle autour de l'Esterel 114km 1528m

Dernier jour sur place après une journée de repos, j'ai concocté au dernier moment une trace autour du massif de l'Esterel qui longe la côte entre Cannes et Saint-Raphaël. Cannes est une nouvelle fois complètement bouché et les dix premières minutes sont infernales, mais une fois sur la route côtière, c'est plus calme et très agréable. Une trentaine de kilomètres avec des petites montées et descentes sineuses sur une route plutôt lisse et bien entretenue, et surtout vue sur la mer d'un côté, les falaises rouges de l'Esterel de l'autre. Plutôt classe.

Le reste de la boucle est moins intéressant que prévu, beaucoup de forêt, pas grand chose à voir jusqu'à Tanneron, par lequel j'étais déjà passé il y a deux ans. Retour sur Cannes par Mandelieu-la-Napoule avec une crevaison lente à l'arrière que j'ai la flemme de trouver, je finis les derniers kilomètres de ce voyage presque à plat!

5. Météo

Très aléatoire cette année! Surtout, les prévisions n'étaient pas super fiables du jour pour le lendemain, c'était assez frustrant pour m'organiser et tenter d'éviter les orages. J'ai eu très froid et très chaud, parfois le même jour, changements d'altitude obligent... Comme les autres années, j'étais suffisamment habitué à la chaleur et ça n'a pas posé trop de problèmes, à part peut-être le premier jour.

6. Vélo

Gros changement cette année, vu que je me suis offert un vélo de route haut de gamme pour mes 42 ans. Plus léger, plus rapide, plus confortable, plus classe, en carbone avec transmission électrique, c'est le jour et la nuit par rapport à mon vieux vélo de cyclocross reconverti en vélo de route. J'étais sur des plateaux de 52-36 avec une cassette de 11-34, me donnant à peu près le même rapport minimal qu'avant, et c'était parfait. Toujours en tubeless avec des pneus route slick (cette fois en 30 mm) et je n'ai constaté qu'une seule crevaison lente le dernier jour.

7. Vêtements

Similaire à l'an dernier, sauf que j'ai troqué ma veste coupe-vent pour une version un peu moins compacte et un peu plus chaude. C'était pas mal pour les cols les plus hauts, mais un truc plus facile à mettre et enlever sans m'arrêter aurait été préférable en montant la Bonette.

8. Bagages

Nouveau vélo, nouvelle sacoche de selle. Je suis parti sur un Tailfin AeroPack Cargo et... c'est tout. Je voulais une sacoche de selle plus grande pour pouvoir me débarasser de la sacoche de tube horizontal et du filet élastique pour mes chaussures dont je n'étais pas hyper satisfait mais je ne voulais pas que ça bouge. Mission accomplie avec cette combo sacoche et rack intégré: ça s'accroche sur un axe traversant de route fait pour, ça bouge pas d'un millimètre et ça reste relativement léger. Par contre c'est absolument hors de prix.

9. Nutrition

Absolument n'importe quoi. Je voulais vraiment faire mieux que l'an dernier et pas finir en deficit calorique énorme tous les jours. J'avais une stratégie qui consistait à remplir une gourde flexible avec 300g de sucre et 200ml d'eau pour ne pas avoir à me trimballer de gels et avoir une source de glucides facile à digérer. L'idée était que c'est un mix super facile à faire, ne nécessitant que du sucre en poudre (dont je peux laisser l'excédent) et de l'eau bouillante. Mais toutes les chambres d'hôtel n'ont pas de bouilloire, ni de recipient intermédiaire pour faire le mélange... J'ai fini par abandonner l'idée au milieu du voyage, heureusement j'avais apporté quelques gels de secours, mais j'ai du en racheter chez decathlon... Hélas, ils ont changé de formule et sont assez bof niveau goût, ça me faisait vraiment pas envie et j'en ai jamais pris plus de 2 par jour.

Les arrêts boulangerie/épicerie et rares restos auxquels je me suis arrêté sur la route ne suffisaient clairement pas, certains jours j'ai consommé moins de 50g de glucides pendant l'étape au total. Heureusement j'étais à une allure modérée pour moi la majorité des étapes, sinon j'aurais complètement craqué au milieu d'un col plusieurs fois.

10. Hébergement

Moins d'AirBnB, plus d'hôtels cette année. Bilan mitigé, certaines chambres étant vraiment bof, et la plupart des petits-déjeuners médiocres. Cela dit, j'ai toujours été accueili parfaitement, quelque soit l'heure à laquelle j'arrivais, et j'ai peu profiter d'un abri sécurisé pour mon vélo à chaque fois, ayant sélectionné uniquement des hôtels avec le label Accueil Vélo.

11. Statistiques

20 jours de vacances, dont :

(*) Sans compter les pauses/arrêts.

Répartition du poids au départ :

12. Pour la prochaine fois…

J'ai trouvé le bon équilibre distance/dénivelé pour les étapes, mais maintenant que j'ai beaucoup plus de fitness et d'expérience il faudra vraiment que je dépasse cet espèce de bloquage mental que j'ai sur le fait de pousser un peu plus dans les cols.

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