6 mois plus tard...

Résumé des épisodes précédents

Il y a 6 mois, je faisais une vilaine chute à vélo, dérapant sur du gravier au milieu de la route en plein virage. S'en est suivi une première opération à la hanche avec six jours et six nuits d'hospitalisation, puis je suis rentré à la maison sur des béquilles. Rapide résumé de ce qui s'est passé ensuite :

Retour à la maison

La maison en demi-étages est pas vraiment adaptée pour quelqu'un avec béquilles + orthèse à la main, mais on s'y fait. Dès le lendemain, c'est parti pour visite quotidienne d'un·e infirmier·e pour changer les bandages et injection d'anti-coagulants. Niveau douleurs, je passe plusieurs jours sous antalgiques, je déguste quelques nuits, mais ça finit par se calmer.

L'opération du pouce

10 jours plus tard, opération du pouce en ambulatoire, sous anesthésie locale. À la sortie du bloc tout allait bien, quelques heures plus tard pire douleur de ma vie, même la morphine a mis du temps à calmer le truc. Pour couronner le tout, l'opération fait que je dois changer de béquilles, à moi les béquilles axilliaires, sous l'épaule, façon moyen-âge. Super.

L'arrêt

Au final, un mois et demi d'arrêt depuis la première opération. Pas de travail, pas de sport non plus: repos, juste le droit de se dégourdir les jambes. Je fais des tours du paté de maisons puis du parc à côté sur béquilles. Le temps est long... Même si mon travail n'est pas physique, je constate l'intérêt de cet arrêt pour la récupération: je suis fatigué la plupart du temps en ne faisant presque rien, j'ose pas imaginer ce que ça aurait été si j'avais du reprendre direct.

Reprise

Le jour de mon anniversaire, visite à l'hôpital pour confirmer que tout va bien, et hop, de retour au travail. Pour le sport, je fais quelques tests de vélo en intérieur à faible durée et intensité mais l'interne qui me voit me dit d'attendre de voir le kiné. Soit.

Ré-éducation

Je vois le kiné, et on attaque direct sur un programme assez intense, 2 à 3 séances par semaine. Il y a énormément de boulot, je marche en canard et peut à peine bouger mon pouce, immobilisation prolongée oblige. En plus des séances avec lui, il me donne plein d'exercices à faire à la maison.

En tout, sur les 4 mois entre début décembre et début avril, ça fait à peu près :

Aujourd'hui

Physiquement

Ça va.

Niveau hanche, je marche et je fais du vélo normalement, même si la jambe gauche reste un peu faible, un mélange d'appréhension et de manque d'équilibre dessus. Ce n'est pas vraiment handicapant au quotidien, mais la différence gauche-droite est frappante quand je fais des exercices isolant chaque jambe. Je peux vaguement courir 30 secondes avec une foulée très saccadée.

Niveau pouce, j'ai regagné pas mal de flexibilité, mais la différence avec le côté "valide" est encore plus prononcée. Autant on peut encore faire des progrès sur la jambe, autant côté pouce il n'y a plus grand chose de plus à espérer à ce stade, mais la non plus ce n'est pas vraiment handicapant au quotidien. J'ai perdu un peu en dextérité, mais la force est revenue, et je peux écrire et peindre avec aussi mal qu'avant, donc bon, pas si pire.

Sportivement

Pourquoi je fais du sport, finalement ? Je me suis pas mal posé la question après la chute, pour me motiver pendant la ré-éducation et juger d'à quel point ça valait le coup que je passe autant de temps à faire de la ré-éducation. Ma conclusion c'est que j'adore la course à pied et le vélo pour :

Pendant l'arrêt et le début de la ré-éducation, j'ai envisagé de reprendre la course à pied, mais finalement les tests que j'ai pu faire m'en ont dissuadé. Les sensations ne sont pas la, les jambes ne tournent plus comme avant. J'ai rangé l'idée au placard pour l'instant.

Je suis remonté sur mon vélo en intérieur aussi vite que possible, puis à l'extérieur ces derniers jours. Malgré ça, j'ai énormément perdu en fitness. Aujourd'hui, j'ai réussi à regagner environ 90% de mon niveau d'avant si j'en crois mes sensations et surtout mes capteurs de puissance + fréquence cardiaque (nerd alert). C'est à la fois encourageant et démotivant à la fois. Cette chute m'a forcé à revoir mes objectifs mais je continue d'aimer ça et d'y prendre du plaisir, même si certains jours sont difficiles, frustrants ou ennuyeux. Mon plan reste inchangé : chercher mes limites, les dépasser, et recommencer.

Le côté moins mesurable avec des gadgets, c'est la perte de confiance dans les virages. Pas une surprise, ça reviendra avec le temps et les sorties. Malgré tout ça, le simple fait de monter sur le vélo par une journée ensoleillée reste un plaisir incomparable.

Je n'ai pas encore testé les longues randonnées à pied, j'espère que ça passe parce-que je compte bien refaire des journées épiques à la montagne ou ailleurs. Comme le reste, il va falloir y aller progressivement.

Post-scriptum

J'ai fait le total de ce que j'ai eu à payer de ma poche. Spoiler: merci la sécurité sociale et le service public.

Pas fait les comptes précis, mais de loin ce qui m'a coûté le plus: le remplacement des vêtements de vélo que je portais qui ont été découpés par les pompiers pour diagnostiquer mon état sur le moment, ainsi que mon casque. Le cintre du vélo a aussi du être changé par précaution, mais le cadre et les autres composants étaient intacts. Pas donné comme hobby...